Quelques mots de la créatriceJ'ai eu le privilège d'approfondir et de perfectionner les techniques de créations de perles de verre au chalumeau avec des enseignants extraordinaires : Kristina Logan, Kate Fowle, Jennifer Geldard, Diana East, Tink Martin, Loren Stump et surtout Larry Scott. Leur influence dans mon travail est nette et elle m'enrichit. Tout est susceptible de m'inspirer : la nature, l'art, les
textiles, les textures, une page dans un magazine, le verre
lui-même. L'envie d'expérimenter est également un
moteur puissant lorsque je suis face à mon chalumeau dans
mon atelier sur les rives du Léman.
Questions frequentesFabriquez-vous vos perles vous-même ?Oui, bien sûr. Je réalise mes perles, une à une, à la main, assise derrière mon chalumeau avec des baguettes de verre colorées en provenance de Murano, de Bohême, voire même des Etats-Unis. Chaque pièce est unique, il m'est impossible de reproduire exactement 2 fois la même.
Est-ce que les perles au chalumeau sont fragiles ?Oui et non. Lorsque la perle est formée dans la flamme, le verre ordinaire atteint environ 800 C. Il convient alors de refroidir doucement la perle, en respectant certains paliers de température. Pour y parvenir, il faut placer les perles dans un four ad hoc à 500 C pendant au moins une vingtaine de minutes avant de lancer le programme de baisse de température. Il s'agit de la phase de recuisson. Pourquoi cette étape est-elle essentielle dans la
fabrication d'une perle ? Le verre, n'étant pas un bon
conducteur de chaleur, va refroidir relativement vite à la
surface de la perle, alors qu'à l'intérieur la
température sera nettement plus élevée. Ces
différences de température se traduisent par des
viscosités différentes entre la surface et le coeur de
la perle, ce qui engendre des tensions au sein de la perle.
Ces tensions, invisibles à l'oeil nu, vont faire
éclater la perle soit à la suite d'un choc, soit au fil
du temps. Pour éliminer ces tensions, la recuisson
correcte des perles est essentielle. Dans ces conditions, même si cela reste une création en
verre, les perles recuites sont relativement solides, plus
qu'on ne le pense souvent.
Un peu d'histoireDes archéologues ont découvert des perles de verre dont les plus anciennes remontent à environ 2500 avant Jésus-Christ (Egypte) voire 2600 avant Jésus-Christ (dans le royaume d'Eshnunna en Mésopotamie ancienne). Différentes civilisations au cours des siècles ont contribué au développement de la perle de verre, en faisant évoluer ses techniques de fabrication. Certaines d'entre elles ont disparu en même temps que les civilisations qui les avaient mises au point. De nombreux ouvrages et articles traitent les perles de verre d'un point de vue historique dont notamment l'excellent ouvrage de Lois Sheer Dubin, the history of beads. Vous pouvez trouver ici un article de Georges Dilly, conservateur du musée de verre de Berck-sur-verre. Le mouvement des perliers contemporains est né aux Etats-Unis vers 1990, ce qui explique notamment le nombre actuel de créateurs attirés par ce médium outre-atlantique et la qualité de certains d'entre eux lesquels ont acquis une renommée internationale. Ils ont redécouvert et développé des techniques millénaires et les ont largement et généreusement diffusées, à l'inverse des verriers de Murano qui dès le 13ème pouvaient être condamnés à mort s'ils révélaient un secret de fabrication. L'engouement pour la création des perles de verre au chalumeau s'étend également à l'Europe depuis quelques années et j'ai moi-même été contaminée par ce virus.
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![]() Sylvie Dreyfus, Lausanne ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() Pendentif carthaginien en verre datant du 4ème ou 5ème siècle avant Jésus-Christ et mesurant 3.5 cm de long ![]() Perles "rosetta" ou perles de chevron vénitiennes du 17ème siècle fabriquées pour le commerce triangulaire |
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